Escalier bois sur mesure : les cotes à vérifier avant de commander

Escalier bois sur mesure : les cotes à vérifier avant de commander

La première marche plus basse que les autres de cinq centimètres, parce que la chape et le carrelage du rez-de-chaussée sont arrivés après la prise de cotes : c’est un défaut classique sur un escalier bois fait sur mesure, et l’atelier n’y est presque jamais pour rien. Une marche différente des autres, on la rate dans le noir. Et sur un escalier fabriqué à la cote, on ne reprend pas un limon comme on recoupe une étagère. Tout se joue avant la commande.

Mesurer la hauteur de sol fini à sol fini

Tout part d’une cote : la hauteur à monter, mesurée du sol fini du bas au sol fini du haut. Fini veut dire avec tous les revêtements, chape, isolant phonique, colle, parquet ou carrelage. Si l’un des deux niveaux n’est pas terminé, il faut connaître l’épaisseur prévue et l’intégrer au calcul. Deux centimètres d’écart entre la cote de fabrication et la réalité se reportent en entier sur la première ou la dernière marche.

La deuxième mesure concerne la trémie, l’ouverture dans le plancher haut. Sa longueur conditionne l’échappée, c’est-à-dire la hauteur libre entre le nez d’une marche et le dessous du plancher situé au-dessus. On vise en général au moins 1,90 m à 2 m ; en dessous, les plus grands baissent la tête à chaque descente. L’épaisseur du plancher compte aussi, puisqu’elle réduit d’autant la hauteur libre au bord de la trémie.

La formule de Blondel, ou l’escalier calculé au pas

La règle attribuée à l’architecte François Blondel, au XVIIe siècle, relie la hauteur de marche (h) au giron (g), la profondeur mesurée d’un nez de marche au suivant. Elle s’appuie sur la longueur moyenne du pas : 2h + g doit rester proche de 63 cm, dans une fourchette de confort de 60 à 64 cm. En dessous, l’escalier impose des petits pas hachés ; au-dessus, il étire la foulée et fatigue à la montée.

Dans une maison, la hauteur de marche se situe le plus souvent entre 16 et 18 cm, et le giron entre 25 et 32 cm. Deux escaliers conformes à Blondel peuvent pourtant n’avoir rien à voir. Avec 18 cm de hauteur et 27 cm de giron, on obtient un escalier raide, acceptable pour des combles peu fréquentés. Avec 16 cm et 31 cm, l’escalier devient presque un escalier de séjour, très agréable mais gourmand en surface.

Un exemple chiffré pour une hauteur de 2,80 m

Prenons 280 cm à monter. Le nombre de marches est égal au nombre de contremarches moins un, puisque le plancher de l’étage sert de dernière marche. Deux options se présentent :

  • 16 contremarches de 17,5 cm : Blondel donne un giron de 28 cm, soit 15 marches et un reculement de 4,20 m ;
  • 17 contremarches d’environ 16,5 cm : le giron passe à 30 cm environ, pour 16 marches et un reculement proche de 4,80 m.

Une soixantaine de centimètres sépare les deux versions. C’est là que se joue l’arbitrage, entre le confort de la montée et la place prise au rez-de-chaussée. Passer ces hypothèses dans un calculateur d’escalier en ligne avant le rendez-vous avec le menuisier permet de comparer plusieurs scénarios en quelques minutes, et d’arriver en sachant ce qu’on est prêt à céder.

Quart tournant, nez de marche et essence de bois

Dès que l’escalier tourne, le calcul droit ne suffit plus. Dans un quart tournant, les marches de la partie courbe doivent être balancées : on les répartit pour que le giron reste constant sur la ligne de foulée, là où le pied se pose naturellement. Un balancement raté se reconnaît à ses marches en pointe côté intérieur, sur lesquelles le pied ne trouve aucun appui. Demandez à voir le tracé du balancement sur le plan, pas seulement le nombre de marches.

Le nez de marche mérite aussi une question. Le débord du nez au-dessus de la marche inférieure agrandit la surface d’appui sans changer le giron. Il rend plus confortable un escalier à giron court, mais s’il est trop prononcé sur un escalier à contremarches, il accroche la pointe du pied à la montée.

La largeur se décide aussi à ce stade. Dans une maison, on compte en général 80 à 90 cm de passage ; en dessous, monter un matelas ou une armoire par un quart tournant devient un exercice d’équilibriste. Avec de jeunes enfants, un escalier sans contremarches laisse des vides entre les marches : une contremarche partielle ou une lisse intermédiaire règle la question sans alourdir le dessin.

Pour les marches, le chêne reste la référence, pour sa dureté et sa tenue à l’usure ; le hêtre et le frêne donnent des escaliers plus clairs. Quelle que soit l’essence, le bois doit être posé dans une maison sèche : un escalier installé alors que la chape fraîche libère encore son humidité risque de bouger dans les mois qui suivent.

Avant de signer le devis, réclamez le plan coté avec la hauteur de marche, le giron, le reculement et l’échappée, et refaites vous-même le calcul 2h + g. Si le résultat sort de la fourchette de 60 à 64 cm, c’est le moment d’en discuter avec le fabricant, pas une fois l’escalier posé.